Les chroniques de l'Andalou

Épisode 6 - L'Alfa Romeo

February 07, 2021 L'Andalou Season 1 Episode 6
Les chroniques de l'Andalou
Épisode 6 - L'Alfa Romeo
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Les chroniques de l'Andalou
Épisode 6 - L'Alfa Romeo
Feb 07, 2021 Season 1 Episode 6
L'Andalou

Chaque village a son idiot, n'est-ce pas? Eh bien Alejandro était celui de Palos de la Frontera. C’était un idiot et il n’y avait que lui qui ne le savait pas...  

| www.leschroniquesdelandalou.com | Crédits: Texte et narration: Zak Mirando | Édition: Maryse Tremblay | Montage audio: Emiliano Mattos | Musique du générique: Al Andalus by Shane Ivers - https://www.silvermansound.com 

Show Notes Transcript

Chaque village a son idiot, n'est-ce pas? Eh bien Alejandro était celui de Palos de la Frontera. C’était un idiot et il n’y avait que lui qui ne le savait pas...  

| www.leschroniquesdelandalou.com | Crédits: Texte et narration: Zak Mirando | Édition: Maryse Tremblay | Montage audio: Emiliano Mattos | Musique du générique: Al Andalus by Shane Ivers - https://www.silvermansound.com 

L’Alpha Romeo

J’étais assis à la terrasse d’un café-bar de Palos de la Frontera en train de siroter un Fanta avec Jaime et David.

L’établissement, qui s’appelait « El Mastil », le mât, était tenu par Pepe, un cinquantenaire que tout le monde connaissait dans notre petite ville.     

Pepe était un vétéran de la légion espagnole communément appelé chez nous un novio de la muerte – un fiancé de la mort. 

Il était un homme fier et autoritaire qui était tant respecté qu’apprécié de ses clients.   

Surtout par les gamins du coin, car il nous donnait souvent à boire gratuitement.     

Il lui arrivait aussi de nous faire de longs discours sur le nationalisme, l’importance d’être un bon patriote et d’éviter à tout prix d’être un idiot sans opinion.   

Pour lui, les socialistes gauchistes qui dirigeaient le pays à ce moment-là, signifiaient un retour à l’ère du communisme quand l’Espagne était une République.

D’ailleurs, Pepe affichait clairement ses couleurs. Avant d’entrer dans le bar, on remarquait trois drapeaux qui étaient accrochés sur la façade : un drapeau andalou, un de la légion et un de l’Espagne.

À l’intérieur, une grande banderole était suspendue à l’arrière du comptoir, sur laquelle figurait le slogan fachiste : España una! ¡España grande! ¡España libre!   

Pepe n’était pas seulement un tenancier de bar, mais aussi une sorte d’intervenant social. 

Il me cachait parfois dans sa réserve en dessous du bar quand ma mère me cherchait quand j’avais fait des conneries. 

Son bar était le typique bar espagnol avec son comptoir en bois, son ventilateur au plafond qui ne rafraichissait pas vraiment, des serviettes en papier dans des boitiers en métal avec la marque de bière Cruzcampo imprimé dessus.

Sur le comptoir, derrière une vitrine, étaient présentés les tapas du jour, soit des petits plats d’olives, du fromage Manchego, des gambas à la plancha et des tortillas de patatas. Un peu plus loin, près des verres empilés, était couchée sur sa planche à découper une patte complète de Jambon pata negra.     

Au-dessus du comptoir, fixée au mur, une télévision transmettait les matchs de foot du championnat espagnol.     

Dans le fond de la pièce, des machines à sous cliquetaient aux côtés d’un distributeur de cigarettes.     

A l’époque, les jeunes d’âge mineurs venaient y acheter des cigarettes pour leurs parents sans se faire questionner.     

Mais notre attraction favorite était sans contredit le flipper où on venait  engouffrer notre argent de poche.

De nombreuses personnes se réunissaient au Mastil pour relaxer, discuter et regarder du football. Il faut savoir qu’en Espagne, ce genre d’endroit était aussi important que l’église.   

Les marins, les pêcheurs, les policiers et les ouvriers du coin y venaient, car en plus de se situer aux abords de la Méditerranée et de l’Atlantique, Palos de la Frontera était une ville encerclée d’une zone industrielle.

Donc ce jour-là, avec mes amis, on discutait tranquillement de nos plans pour la journée du lendemain quand on s’est fait interrompre par un terrible coup de klaxon qui était accompagné d’une musique assourdissante et d’un vrombissement de moteur sport.

C’était encore lui !   

Comment ne pas reconnaître celui qui se faisait repérer dans tout Palos de la Frontera par son coup de klaxon unique en son genre.

Mais de qui je parlais ?   

D’Alejandro, le frimeur de mauvais goût de Palos.   

En général, chaque village a son bouffon n’est-ce pas ? Eh bien Alejandro était le nôtre.   

C’était un idiot et il n’y avait que lui qui ne le savait pas.     

Il a stationné sa voiture devant le bar pendant qu’il martelait le rythme de la musique avec sa tête.

Il a ensuite coupé le contact, puis il est sorti de sa voiture en fredonnant et en faisant de ridicules pas de danse.   

Quand il nous a aperçus, il n’a pu s’empêcher de nous balancer sa typique salutation :

-Hé les petits merdeux, comment ça va ?  

Jaime serrait sa bouteille de Fanta entre ses mains en rêvant de la lui fracasser sur la tête.

Alejandro a écarté le rideau de billes de bois qui pendait dans la porte d’entrée du bar pour y entrer en s’annonçant et en se faisant accueillir par les clients à l’intérieur :   

-Buenas caballeros, je suis de retour !   

Alejandro était un pêcheur d’une trentaine d’année qui se pavanait, avec une risible coupe de cheveux à la Elvis Presley, son idole.

Il scandait sans arrêt qu’un jour, il irait vivre à Memphis, aux États-Unis, là où son idole était enterrée.   

En général, le niveau de ses sujets de conversations avait la profondeur d’une baignoire pour bébé.     

Il aimait porter des chemises déboutonnées dévoilant sa poitrine poilue ainsi qu’une paire de lunettes de soleil Ray-Ban.   

Cette déplorable caricature d’Elvis sortait souvent un peigne pour se coiffer en se regardant dans un miroir ou une surface où il pouvait admirer son reflet.   

On pouvait dire qu’il s’aimait beaucoup, mais l’amour de sa vie était sans aucun doute sa Alpha Romeo Giulia GT rouge écarlate décapotable.       

Sa magnifique voiture de collection des années 60 avait des enjoliveurs qui brillaient au soleil et des sièges recouverts de cuir véritable.

Alejandro l’avait achetée quelques années plus tôt pour une bouchée de pain à une riche veuve qui voulait s’en débarrasser. 

Comme un disque rayé, il se plaisait à dénombrer les conquêtes féminines qu’il avait rencontrées grâce à sa voiture et combien d’ébats sexuels s’y étaient déroulées sur le siège arrière.

Mais j’en doutais, car s’il disait adorer embarquer ses conquêtes dans sa décapotable, il leur interdisait formellement de toucher à quoi que ce soit. D'ailleurs, quand il permettait à quelqu’un d’y embarquer, Alejandro installait une serviette avant que la personne puisse s’assoir.

Rare était ceux qu’Alejandro autorisait à toucher sa belle voiture qu’il vénérait plus que sa propre mère.   

On l’avait appris, mes amis et moi, un jour où on s’en était approchés un peu trop. 

Il nous avait lancé en criant : 

-Hé les petits merdeux, on touche avec les yeux pas avec vos sales mains!    

Les dimanches, il procédait à son nettoyage hebdomadaire en sortant ses chiffons, ses produits nettoyants et son mini aspirateur.     

Il adorait la laver, la lustrer, la cirer en profondeur. Il nettoyait même les rayures des pneus avec des tiges.     

Bref, il y tenait comme à la prunelle de ses yeux.

En plus, il ne la nettoyait jamais chez lui, non, il le faisait devant le café de Pepe à la vue de tout le monde.       

Chaque fois, il demandait un seau d’eau à Pepe. Il fallait à tout prix que l’eau soit chaude et super propre. Ensuite, il mettait de la musique et se mettait torse nu. 

Pepe lui demandait souvent, un peu exaspéré, s’il était vraiment nécessaire qu’il fasse cela devant son café, mais je pense qu’il avait un peu pitié de lui.     

En général, on essayait d'ignorer quand il nous traitait de petits merdeux, même si cela nous agaçait au plus haut point.

Jusqu’au jour où il a manqué de respect à la grande sœur de l’un de nos amis, Pablito. 

Sa sœur avait fréquenté Alejandro quelque temps.

Un soir, il lui avait fait de la peine en l’engueulant comme du poisson pourri, car elle avait déchiré par accident un peu du cuir du siège arrière avec son talon aiguille.

Alejandro l’avait ensuite laissé sur le bord d’une route déserte en pleine nuit à plusieurs kilomètres de chez elle. 

Pablito et mes amis réclamaient vengeance.

Tout de suite, l’idée de s’en prendre à sa voiture a fusé.

J’ai essayé de calmer mes amis en leur expliquant que pour ce mandat, la colère instantanée était définitivement mauvaise conseillère. 

C’est pourquoi j’ai préconisé une approche de vengeance de style gitane andalouse.

Cela consistait à attendre aussi longtemps qu’il le fallait pour trouver le meilleur moment pour frapper.

Abimer sa voiture en lui crevant les pneus et en griffant la carrosserie ? Oui c’était tentant, mais ce scénario classique de vengeance pouvait mener à penser que c’était la riposte de la sœur de Pablito et donc, possiblement nous incriminer. 

De plus, si Alejandro subissait un vandalisme classique, cela lui apporterait une certaine sympathie de la part des gens. 

Non, je voulais trouver quelque chose dont les esprits allaient se rappeler longtemps, mais surtout, le principal concerné.

Quelque chose qui aurait de l’impact et qui le rendrait risible.

Après une longue discussion avec mes amis, ils m'ont laissé la responsabilité de trouver le plan idéal.

L’idée s’est présentée à moi sans effort alors que j’étais au supermarché avec mes parents.

J’ai vu une mère avec un bébé dans ses bras dont elle venait de changer la couche.

Après l’avoir replacé dans son landau, elle a jeté à la poubelle la grosse couche culotte qui semblait bien remplie.

Et d’un coup, une idée saugrenue m’est apparue : on allait ramasser une grande quantité de couches souillées.

Alejandro aimait nous traiter de merdeux ? Eh bien on allait lui en servir de la merde !

Et où allait-on mettre notre beau cadeau ? Dans sa voiture, bien sûr! Mais mon casse-tête résidait dans la manière de le faire.

La seconde partie de mon idée m’a traversé l’esprit au bar chez Pepe.

Avec un de mes amis, j’étais assis à la terrasse en train de faire mes devoirs.

Du coin de l’œil, on observait Manuel le mécanicien de Palos qui discutait avec Alejandro qui gesticulait comme si la fin du monde venait d’arriver.

Il lui montrait une petite déchirure sur le siège arrière de sa voiture qui avait été causée par la sœur de Pablito.

Selon Manuel, la réparation allait être compliqué et coûter cher, car même s’il s’agissait d’une petite déchirure, il allait falloir remplacer tout le cuir du siège arrière. Comme il s’agissait d’une voiture de collection, rien n’était simple quand il était question de réparations.

Il lui a conseillé d’aller chez un concessionnaire à Sevilla, mais quand il lui a dit que la facture risquerait d’être plus que salée, Alejandro s’est tenu la tête entre les mains.

 Manuel a alors lancé:

-Bon écoute, je sais que tu y tiens à ta voiture, donc si tu veux, je pourrais peut-être te trouver une solution...

Alejandro a alors levé les yeux vers lui, pleins d’espoir.

-J’ai un de mes amis qui est spécialisé dans ce genre de chose... Mais ça va prendre du temps. Écoute, t’en fais pas, on va te faire un prix honnête.

Alejandro a alors retrouvé le sourire d’un homme satisfait. Il lui a toutefois demandé comment il allait procéder pour réparer le cuir et surtout, retirer le siège.

Le mécano a tenté de le rassurer en lui expliquant :

-Tranquilisate coño, ce qui est génial avec ces voitures italiennes, c’est que les sièges se retirent très facilement.

Manuel s’est exécuté. On l’a vu porter la main sous le siège en expliquant qu’un clapet permettait de retirer le siège et qu’on pouvait encore plus facilement le remettre en place.

-Tu entends un clap lorsque tu le retires et un clap quand tu le remets, même un enfant pourrait le faire.

Il a continué ses explications en disant qu’il allait déshabiller le siège pour ensuite le rhabiller en recousant le nouveau revêtement dessus.

Alejandro était aux anges et il est retourné à l’intérieur du Mastil avec Manuel en lui proposant de lui payer un verre.

Au passage, il m'a ébouriffé les cheveux en nous lançant un:

-Ça va les petits merdeux ?

Et c’est justement là, avec mes cheveux décoiffés, mais un sourire au coin des lèvres, que j’ai trouvé la deuxième partie de mon plan.

On a laissé l’eau couler sous les ponts jusqu’aux vacances d’été, car on voulait qu’Alejandro se fasse installer son nouveau siège en cuir. Une fois fait, un important travail de prospection de couches souillées pour bébés a alors commencé.

Avec Pablito, Jaime et David, on s’est organisés pour avoir accès aux poubelles de l’aile pédiatrique d’un hôpital.

Il s’agissait du meilleur endroit pour recueillir un nombre important de couches en peu de temps et d’éviter les casse-têtes au niveau de la logistique de stockage.

De massives poubelles en métal se trouvaient à l’extérieur. Il fallait simplement escalader un grillage pour y avoir accès.

On a extirpé d’une des poubelles deux gros sacs qu’on a éventrés pour en extraire les couches. La partie pénible a alors débuté : il fallait procéder au triage.

Entre les mauvaises odeurs et les déchets non identifiés qui donnaient envie de vomir, on espérait vraiment que notre plan allait fonctionner.

Cela nous a pris une bonne heure…

Une fois notre triage terminé, on est reparti avec notre butin bien emballé dans nos sacs à dos.

Il fallait maintenant trouver la façon dont on allait procéder pour placer toutes ces couches culottes sous les sièges de l’Alpha Roméo.

Ce qui nous facilitait la vie, c’était que puisqu’Alejandro était pêcheur, son travail l’amenait souvent en haute mer durant quelques jours.

Il laissait tout le temps sa voiture au stationnement du port près des embarcadères.

Une fois la flotte des bateaux en mer, il y avait rarement quelqu’un qui passait dans le coin.

Un soir, on est arrivés en vélos BMX tel des ninjas équipés de nos sacs.

On a localisé la décapotable stationnée sous un réverbère de lumière jaune. On a vérifié attentivement que personne ne nous observait. Puis, on a commencé le démontage des sièges.

Avant de commencer notre méfait, on s’est assis derrière le volant en faisant semblant de conduire.

Jaime imitait Alejandro qui nous ordonnait de débarquer.

-Eh les petits merdeux, sortez tout de suite de ma voiture!

On a même trouvé des magazines pornos dans la boite à gants qu’on a évidemment feuilleté.

Ensuite, on s’est mis au travail.

Manuel le mécanicien avait raison, les sièges se démontaient aussi simplement que des cubes Lego.

On était un peu nerveux mais tellement excités.

Une fois tous les sièges retirés, la voiture paressait presque nue.

Équipés de gants en caoutchouc et de chiffon autour du nez, car l’odeur était intenable, on a commencé à placer les couches dans l’espace vacant sous les sièges.

On a procédé avec minutie, en posant les couches l’une après l’autre, pour former des étages, comme le ferait un maçon avec des briques, en prenant soin de ne pas trop les écraser.

Ce n’était pas toujours évident, car les couches souillées avaient des formes irrégulières. 

Une fois notre travail terminé, on a rapidement enfourché nos BMX pour filer dans la nuit.

Pablito m’a demandé en riant :

-Et maintenant on fait quoi ?

J’ai répondu en souriant :

-Maintenant, nous, on ne fait rien. On attend et on laisse juste notre ami le soleil faire son travail!

Effectivement, il allait juste falloir attendre le retour d’Alejandro pour voir le résultat de notre stratagème.

D’ici là, notre mot d’ordre était interdiction de retourner au stationnement juste au cas si quelqu’un nous aurait vu trainer autour de la voiture. 

Discrétion avant tout ! 

Quelques jours plus tard, Alejandro est revenu au café, mais il semblait mécontent.  

Pour la première fois, il n’a pas garé sa voiture devant le café. 

Pour notre part, on était assis à notre table habituelle et il est passé à côté de nous sans nous lancer sa salutation habituelle. 

On s’est regardé surpris et intrigués.

Nos cœurs battaient la chamade.

À l’intérieur, Alejandro discutait avec Pepe avec qui il a partagé son souci par rapport à sa voiture. 

Depuis son retour, une odeur pestilentielle s’en dégageait, mais il lui était impossible de savoir ce que c’était. 

Il avait beau la laver en profondeur et accrocher des petits sapins sent-bon à l’intérieur : rien ne fonctionnait.

On aurait dit que sa voiture abritait une petite forêt d’arbres multicolores.

Manuel a brièvement inspecté la décapotable, mais il lui était impossible de mettre le doigt sur l’origine de l’odeur infecte.

Vu son intensité, il pensait peut-être à un grave problème de carburateur ou bien à un petit animal mort en décomposition coincé quelque part dans la voiture.

Par contre, pour le trouver, il allait falloir démontrer plusieurs parties du véhicule. Cela serait un long travail et donc, coûterait cher en main d’œuvre. 

Pendant ce temps, les jours passaient et l’odeur s’accentuait sous l’intense chaleur estivale.

Comme prévu, la matière fécale de bébés faisait très bien son travail.


Tellement bien que l’odeur avait imprégné les sièges, ce qui rendait Alejandro complètement fou de rage.

À un tel point qu’il aurait voulu se débarrasser de sa décapotable, car les gens commençaient à rire de lui.

D’ailleurs, il avait cessé de venir au café en voiture, car Pepe lui avait demandé de ne plus se garer proche de son établissement, car Puisque l’odeur qui en émanait levait le cœur à ses clients.

Pour notre part, on était euphorique que notre stratagème ait aussi bien fonctionné.

L’odeur était carrément intenable quand on passait à côté du véhicule !

Quelques jours plus tard, Alejandro est débarqué au café complètement révolté.

Il a annoncé à la ronde que Manuel le garagiste avait trouvé l’origine du problème.

-Des fils de pute ont été placé des couches pour bébé souillées sous les sièges de ma voiture !

-Si j’attrape ces ordures, je vais leur faire bouffer toute la merde qu’on a trouvé !

Il a expliqué en rageant qu’il devait maintenant remplacer tous les sièges, car ils étaient irrécupérables et qu’il fallait procéder à un nettoyage spécial de l’habitacle au complet chez le concessionnaire Alpha Romeo à Sevilla.

En d’autres mots, il allait devoir cracher des pesetas, muchas pesetas !

Pepe a tenté de le calmer pendant que la clientèle présente se moquait de lui.

Pour notre part, on riait à gorge déployée!

Plus tard, Pepe est venu à notre table pour nous servir des boissons qu’on n’avait pas commandées.

Il nous a regardé en souriant et nous a fait un clin d’œil en disant :

-Hé les jeunes, je me demande bien qui a bien pu faire ce coup-là à Alejandro, pas vous ?

Pour toute réponse, on s’est contenté d’un haussement d’épaules, en buvant nos Fanta à la paille.